Click here for English version
Carbo va déconstiper
le CH
par Bertrand Raymond pour Le Journal de Montréal, 27 septembre 2000
Est-ce qu'on vous avait dit que Guy Carbonneau ne
mettrait pas de temps à faire sa place dans l'organigramme
hockey du Canadien?
Sûr de lui et leader jusquau bout des doigts, Carbonneau avait pourtant promis de faire une entrée discrète, en faisant bien attention de ne pas marcher sur les souliers des gens qui étaient là depuis longtemps.
On a tôt fait de découvrir que ce n'est pas un gars de relations publique qu'on est allé chercher à Dallas. On n'a pas rapatrié un Glorieux populaire dans l'unique but de faire oublier que l'équipe l'est moins.
Par son franc-parler et selon son habitude dappeler un chat un chat, Carbonneau va probablement contribuer à déconstiper lorganisation. Dans les hauteurs comme sur la glace.
Vous avez vu comment il a resumé le cas de Mike Ribeiro?
«Il a un coup de patin déficient, mais Wayne Gretzky et Mike Bossy ne patinaient pas, eux non plus,» a t il dit.
Et vlan! Une chose de réglée.
Carbo favorise le retour de Ribeiro et dEric Chouinard à Québec parce que cest à cet endroit quils vont apprendre à devenir des leaders, croit-il.
Réjean Houle et Alain Vigneault nous auraient préparés à une décision comment celle là en utilisant des si et des peut-être. Ils nous auraient souligné avec mille précautions que les deux jeunes ne sont pas encore tout à fait prèts.
Annoncée de cette façon, leur décision aurait soulevé du mécontentement dans le public et dans les médias.
Carbonneau, lui, ne prend pas de détours. Sils sont appelés à porter le chandail du Canadien durant 10 ans, aussi bien que Chouinard et Ribeiro apprennent dès maintenant à devenir des chefs de file. Et ce nest pas sur le banc, à Montréal, quils vont lapprendre.
On nest pas habitué à se faire expliquer les choses aussi clairement. Vue de cet angle, leur rétrogradation, si jamais on en vient là, sera mieux acceptable.
On a peur de quoi?
Il faut quon reapprenne à sexprimer librement au sein du Canadien, comme à lepoque des équipes gagnantes.
Il faudrait que lentraineur apprenne à affronter la presse sans que son directeur des communications lui fasse un briefing sur les questions qui sont susceptibles de lui être posées. Même chose pour le directeur générale dailleurs.
Comme si leurs explications risquaient de plonger tout le pays dans lembarras. Cest juste du sport. Cest juste du hockey. Faut-il obligatoirement avoir des couilles pour se prononcer sur le quotidien dune formation de hockey?
Carbonneau et André Savard, qui sexpriment en ligne droite, font bande à part. Jespère quon ne va pas leur recommander dêtre prudents, comme on le fait depuis des années avec les joueurs, les entraineurs et le recruiteurs.
Pensez-vous quùn dirigeant du Canadien, à moins de sêtre injecté du stuff olympique, aurait osé dire que Gretzky et Bossy, deux des plus grands marqueurs de lhistoire, se patinaient pas?
Carbonneau et André Savard, qui sexpriment en ligne droite, font bande à part. Jespère quon ne va pas leur recommander dêtre prudents, comme on le fait depuis des années avec les joueurs, les entraineurs et le recruiteurs.
Pensez-vous quùn dirigeant du Canadien, à moins de sêtre injecté du stuff olympique, aurait osé dire que Gretzky et Bossy, deux des plus grands marqueurs de lhistoire, se patinaient pas?
Il le sait, lui, Carbonneau parce quil les a affrontés.
Cest la façon subtile quil a trouvée pour rassurer Ribeiro. Ce quil a dit au petit Portugais, cest quil peut encore connaitre une belle carrière sil compense cette lacune par une plus grande intensité au jeu.
Ça, cest lavantage davoir connu une carrière comme la sienne.
Quand Carbonneau parle dintensité, il est inattaquable.
Des allures de boss
Carbonneau a récemment raconté à une journaliste du Texas quil serait resté à Dallas si la proposition des Stars avait ressemblé à celle du Canadien.
Bob Gainey lui a présenté un contrat dun an comme recruiteur. Son ancien joueur recherchait un boulot qui lui permettrait dacquérir de lexperience dans divers secteurs de lorganization. Heureusement pour lui, le Canadien était en manque de bons hommes de hockey au cours de léte.
Il a donc repris où il avait laissé quand on la échangé pour une bouchée de pain.
Le Carbonneau qui a déjà mis son pied à terre, celui qui suggère et qui, dans le cas de Ribeiro et Chouinard notamment, va jusquà prendre les devants, cest ce lui qui exerçait un profond leadership dans le vestiare avec Patrick Roy quand le Canadien a gagné sa dernière coupe Stanley.
Qui sait sil ne sera
pas le directeur général de cette équipe
quand elle remportera sa prochaine coupe?
Merci à mon bon ami Pierre Chastenais de cet excellent article!
Carbo
is going to "de-constipate" the Habs
by Bertrand Raymond for Le Journal de Montréal, September 27, 2000
Didnt we tell you that Guy Carbonneau would waste no time finding his spot in the Canadiens organizational chart?
Sure of himself, and a leader to the tips of his fingers, Carbonneau nevertheless promised to make a discreet entrance, being careful not to step on the toes of those who have been with the organization for a long time.
We found out early that it wasnt a public relations guy who was brought here from Dallas. No one is going to make the Habs popular again simply by making the fans forget the team isnt as good as it was.
By his candor and his habit of calling a spade a spade, Carbonneau is probably going to contribute to the "de-constipation" of the organization. In higher levels just as on the ice.
Did you hear how he summarized the case of Mike Ribeiro?
"He has a deficient skating stride, but Wayne Gretzky and Mike Bossy couldnt skate, either one of them."
And wham! Thats settled.
Carbo favors the return of Ribeiro and Eric Chouinard to Québec because it is there that they are going to learn to become leaders, he believes.
Réjean Houle and Alain Vigneault would have prepared us for a decision like this by using ifs and maybes. They would have emphasized to us with a thousand warnings that the two rookies are not yet completely ready.
Announced in this fashion, their decision would have emphasized discontentment to the public and the media.
But Carbonneau, he doesnt beat around the bush. If they are going to be called upon to wear the sweater of the Canadiens for ten years, its now that Chouinard and Ribeiro must learn to become leaders of the pack. And its not on the bench, in Montréal, that they are going to learn it.
We are not used to having things explained so clearly. Seen from this angle, their demotion, if it comes to that, will be much more acceptable.
What are we afraid of?
The Canadiens need to relearn how to explain things freely, like they did during the era of winning teams.
The coach has to learn to face the press without his director of communications first giving him a briefing on the questions which are likely to be posed to him. Same thing for the general manager.
As if their explanation could risk plunging the entire country into embarrassment. This is just sports. This is just hockey. Is it so necessary to have balls in order to be able to make announcements to the press about a hockey team?
Carbonneau and André Savard will do some straight talking, unlike all the others. I hope no one tells them to watch it, as they have in the past with players, coaches and scouts.
Do you think that a G.M. of the Canadiens, unless he was high on Olympics stuff, would have the guts to say that Greztky and Bossy, two of the greatest scorers in history, couldnt skate?
He knows it, Carbonneau, because he played against them.
Thats the subtle way he found to reassure Ribeiro. What he said to the small Portuguese is that he can still have a great career if he compensates for that deficiency by applying intensity to the game.
Thats the advantage of having had a career like his.
When Carbonneau speaks of intensity, he is unimpeachable.
The allure of being the boss
Carbonneau recently told a Texas journalist that he would have stayed in Dallas if the Stars offer had resembled that of the Canadiens.
Bob Gainey offered him a one year contract as a scout. His former player was looking for a job which would permit him to acquire experience in diverse sectors of the organization. Happily for him, the Canadiens had lost many key personnel in the course of the summer.
Thus he took up where he left off, when he was traded for a bite of bread.
This Carbonneauwho has already put his foot in the door, illustrated especially by the case of Ribeiro and Chouinard in which he took the initiativethis is the man who exercised such profound leadership in the dressing room with Patrick Roy when the Canadiens won their last Stanley Cup.
Who knows whether he wont be the general manager of this team when they win their next cup?
Thanks to my good friend
Pierre Chastenais for this excellent article!