Série 3: Colorado«Des gens avec une personnalité comme Carbo ne jouent pas de rôles d'arrière- plan. Vous pouvez leur parler, ils peuvent vous répondre qu'ils acceptent ces rôles, mais d'une façon ou une autre ils trouvent toujours une façon de faire leur chemin vers le devant du filet.» —Bob Gainey

En parlant de situation déjà vue, bienvenue à la finale de la conférence de l'ouest. L'inévitable revanche était à nos portes, et ça allait être beaucoup plus difficile cette année. «À cause de leur défaite de l'an dernier, ils ont la vengeance dans les yeux», a dit Carbonneau en parlant de l'Avalanche. «Nous savons qu'ils vont commencer en force. Mais notre équipe aime jouer dans ce genre de parties.»

CheckLe coup de patin fut très rapide dans cette lutte à mort de la conférence de l'ouest entre les champions de la coupe Stanley et les favoris pour la gagner cette année, particulièrement pour un certain vétéran... Raymond Bourque. Repêché la même année que Carbonneau, Raymond a été le rival de Guy tout le long de sa carrière, depuis le hockey junior dans la LHJMQ ce qui en fait possiblement la plus vieille rivalité de la LNH. Ce fut la onzième fois que Carbonneau et Bourque- joueur étoile en désavantage numérique et en avantage numérique- se sont rencontrés en séries éliminatoires. Cependant, Raymond, à l'aube de prendre sa retraite, n'avait toujours pas de bague de la coupe Stanley à son doigt comparativement à Guy qui en a trois, ce qui réflète plutôt bien le fait que l'un a évolué à Boston et l'autre à Montréal.

Une situation déjà vue pour ces deux joueurs, également pour les deux équipes. La séries s'annonçait donc pour être un festival de la tension comme l'année précédante. Après une défaite décourageante de 2-0 dans le troisième match, l'entraîneur des Stars Hitchcock n'avait qu'une seule chose positive à souligner: «Notre unité défensive a complètement dominé leur attaque en surnombre. Comment vous sentiriez-vous en avance de 2-0 dans un match important des séries éliminatoires avec votre avantage numérique en panne sèche?». Dans la quatrième partie, ce fut la résistance des Stars à un double-désavantage numérique qui leur a permis de gagner 4-1. L'avantage numérique de l'Avalanche, qui auparavant de se confronter aux Stars marquait un but 20% du temps, était de 2 en 28 dans la série.

Dans les parties 5 et 6, ce fut la performance éblouissante d'Ed Belfour qui donna une chance aux Stars de résister à la puissance de feu du Colorado. Le cinquième match fut gagné d'une manière excitante en prolongation par les Stars tandis que ceux-ci perdirent 2-1 dans le sixième match, un match crève-coeur.

Toutes les conditions étaient réunies pour nous offrir le plus sérieux des scénarios déjà vus: le septième match.

Shot«Ça a été une partie gagnée une de perdue,» a dit Guy. «Lorsque vous êtes des équipes d'un calibre tel que les nôtres, il était prévu que cela se terminerait en sept parties. Il y a des corps fatigués et des gens qui sont blessés, couverts d'ecchymoses. Mais un esprit peut faire beaucoup de choses. Si vous avez vécu ces situations, vous savez beaucoup mieux comment y réagir. Je crois que ça a toujours été une des forces de cette équipe. Nous avons grandit ensemble et nous avons confiance en l'un et l'autre. Nous avons eu de bonnes saisons parce que nous réagissons de la bonne façon face aux situations difficiles, et celle-ci en est une.»

Naturellement, dans la journée du septième match, les joueurs de hockey, les fans et la presse de toute la ligue avaient cet autre vétéran, Raymond Bourque, dans le colimateur. Malgré tout, il n'était pas le personneage principal dans l'esprit de tous, car il y avait une autre question douloureuse qui allait prendre place ce soir-là.

Est-ce que ce serait la dernière partie de Guy Carbonneau?

La première fois des séries 2000 que les Stars ont eu à faire face à l'élimination m'ont pour la première fois fait envisager le possibilité de la fin. Mon inquiétude fut soulagée par un courriel merveilleux que je reçus de la part du frère de Guy, Denis, le matin du septième match. Denis décriva sa vision de ce que la soirée apporterait: «Rappele-toi de ce jour, le 27 mai au début du 21e siècle... Mon corps était tremblant et agité à l'anticipation de la vue de ce vieil homme courant sur la glace tout en exposant un large sourire sur son visage déjà épuisé. Toute cette joie dans une face et encore le travail ne fait que commencé, tout comme le nouveau millénaire. La moitié du chemin a été complété; la partie la plus difficile arrive et il aura à y faire face. Peu importe le résultat de la partie de ce soir, ce sera le parcours de Guy pour les prochaines étapes de sa vie... Et pour un joueur de hockey, savoir ce qui s'en vient est un des défis les plus immenses.»

Mais pour maintenant, le défi pour le frère de Denis en était un des plus familiés-une partie en série- un septième match- et il a fait cela neuf fois auparavant. Et qu'avait à dire le sage vétéran à propos de cette partie? «Si tu n'es pas prêt pour un septième match et une chance d'aller à la finale de la coupe Stanley, ne prends même pas la peine de t'habiller.» Ressentait-il tous les effets des multiples coups reçus, incluant le coup à la tête de Peter Forsberg dans la partie précédente? «Des choses comme celles-ci se produisent dans les séries. La meilleure revanche est de serrer leurs mains à la fin avec un sourire timide.»

SmilingAlors que la partie prit son envol, ça ressemblait de plus en plus à l'éblouissante victoire de 4-1 des Stars dans le septième match en 1999. L'unité de désavantage numérique a endormi l'avantage numérique- ils ne pouvaient pas se regroupes et ils ne lancèrent pas une seule fois au cours de leurs deux premières chances. Sur un des avantages numériques, Colorado n'arriva pas à demeurer plus de 31 secondes dans la zone de Dallas. Ils n'avaient pas compté au cours de leurs 17 dernières tentatives en surnombre.

Mais l'édition des Stars de l'année 2000 avait le tour pour se rendre la vie compliquée, et tard dans la partie ils ont presque perdu leur avance de 3 à 0. Le vrai défi eut lieu à la dernière minute, alors que Roy fut retiré des buts et Guy était de ceux chargés de protéger la victoire. Dans les toutes dernières secondes le vétéran Raymond Bourque lança juste à côté du poteau dans un dernier vaillant effort pour préserver son rêve de la coupe Stanley. La sirène sonna enfin, le pointage était 3-2, Dallas avança vers les finales.

Au cours de cette partie surprenant, j'ai cru apercevoir ce sourire que Denis Carbonneau a vu dans sa vision. Il s'agissait du sourire du survivant; celui d'un homme qui a le droit à la fatigue mais qui ne la ressent pas car il sait qu'il a accomplit son travail.

17 parties. Miraculeusement, toujours au jeu.




Voir aussi:

Carbonneau vs. Bourque (courtoisie de The Dallas Morning News)
The X-Factor (courtoisie de The Sporting News)
Former Canadiens captains steady Stars (courtoisie de The Dallas Morning News)
A Denver columnist confirms it (courtoisie de The Rocky Mountain News)

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Cette page fut traduite par Louis Préfontaine.