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Sa fille ainée est restée au Texas:

"Notre choix a été plus compliqué que prévu"

par Guy Carbonneau avec Jean Bouchard
pour 7 Jours, 20 septembre 2000
mis sur le web 15 mai 2001

Carbo est de nouveau avec les Canadiens. Celui qui occupe maintenant le poste de responsible du développement des jeunes joueurs aura finalement un travail qui lui permettra de rester près de sa famille. Seule ombre au tableau: il a dû laisser une de ses fille derrière lui…

Le retour de Guy Carbonneau à Montréal marque un tournant important dans sa vie. À 40 ans, il doit déjà se faire à l’idée qu’une de ses filles n’habite plus sous le toit familial. Quand on connaît la force des liens qui les unissent, Line, sa femme, leurs deux filles, Anne-Marie et Kristina, et lui, on peut facilement imaginer le déchirement qu’il a vécu.

Q: Guy, la décision de revenir à Montréal a-t-elle été difficule à prendre?

R: Oui, quoique, vers las fin, les choises se soient beaucoup précisées. La proposition que les Canadien m’ont faite était de loin la plus intéressante. Quant à vivre à Dallas ou à Montréal, ça s’équivaut: j’aime vivre ici; d’un autre coté, le rythme de vie et la température à Dallas sont très plaisant. Le plus difficule, ç’a surtout été de laisser notre plus vieille, Anne-Marie, toute seule au Texas. Au début, nous n’y pensions pas trop mais, quand est venu le temps de prendre une décision, la séparation n’a plus été aussi facile à envisager.

Q: J’imagine qu’Anne-Marie doit vouloir faire sa vie. Ne pensait-elle pas venir étudier à Montréal l’an passé?

With CupR: Effectivement. Ensuite, elle a voulu aller étudier à Stanford, en Californie. Elle a aussi été acceptée à l’université du Texas, à Austin, à environ quatre heures de route de Dallas. Enfin, au printemps dernier, juste avant les séries éliminatoires, elle a commencé à sortir avec Brenden Morrow, et elle a décidé de s’incrire à Dallas.

Q: Je crois que vous avez toujours souhaité revenir à Montréal après avoir mis fin à votre carrière de joueur…

R: Oui. C’est pour cette raison que nous avons gardé notre maison dans la métropole. Et puis, Line travaille pour une compagnie établie à Montréal. La situation d’Anne-Marie a rendu notre choix plus compliqué que prévu. Mais, tôt ou tard, nous devions faire face à cette éventualité.

Q: Il fallait couper le cordon ombilical!

R: Exactement. Plus nous y pensions, moins ça avait de sens de rester à Dallas uniquement pour veiller sur notre fille de 18 ans. Et puis, rien ne dit que Brenden ne sera pas échangé un jour! Allions-nous la suivre partout où elle irait? Bien sûr que non. Il s’agissait donc de nous faire une raison. Ma fille vole maintenant de ses propres ailes, et, en fin de compte, nous sommes bien contents de notre decision.

Q: Qu’est-ce qui a été le plus difficile: faire le deuil de votre carrière ou vous séparer de votre fille?

R: Accrocher mes patins a été une décision moins difficile à prendre. Il était temps que je me retire. Pour le moment, je n’ai aucun regret et je ne sens plus le besoin de m’entraîner comme par le passé.

Q: Auriez-vous pu jouer une autre année?

R: Oui. Il me restait une année à écouler, et les Stars voulaient me ravoir. Physiquement, j’en étais encore capable mais, mentalement, je me sentais un peu fatigué. Je préférais me retirer avant qu’il ne m’arrive un accident. Comme je l’avais souvent dit à ma femme, je voulais quitter le jeu sur une note positive. Avec les dernières saisons que j’ai connues à Dallas, je ne pouvais demanding mieux. Je préférais m’en aller librement plutôt que de me faire dire de raccrocher.

Q: Et avant d’être grand-père?

R: (Rires)

Q: Comment avez-vous réagi en apprenant que votre coéquipier et votre fille envisageaient de vivre une relation ensemble?

R: Je n’ais pas eu de problème à accepter ça. Il faut dire que, ayant côyoté Brenden pendant un an, j’ai eu la chance de le connaître assez bien. Quand j’ai vu qu’il se passait quelque chose entre Anne-Marie et lui, je suis allé le voir. La sitaution l’embarrassait plus que moi. Il ne savait pas vraiment comment s’y prendre. Je l’ai rassuré. Je sais quel genre de jeune est Brenden. S’il avait été une tête folle, je peux vous assurer que ça aurait été pas mal plus difficile pour lui! (rires)

Q: Vos coéquipiers vous ont-ils taquiné?

R: Brenden s’est fait taquiner, pas moi. Il faut dire qu’il ne savait pas comment s’y prendre pour entamer sa relation avec Anne-Marie. C’est pendant cette période de flottement que les autres joueurs l’ont taquiné. Mais tout est rentré dans l’ordre. Brenden vient d’acheter une maison, et Anne-Marie va aller demeurer avec lui.

Q: Après avoir passé 20 ans à voyager, n’avez-vous pas été tenté de prendre une année sabbatique?

R: Si je n’avais pas eu d’offres ou d’occasions, je n’aurais peut-être pas détesté ça…À bien y penser, j’aurais trouvé le temps long. Passer un hiver ici ou à Dallas à ne rien faire, ça aurait été le fun pendant un mois ou deux. Ensuite, je me serais ennuyé. La période estivale sert un peu de congé sabbatique, de périod de repos. Depuis 20 ans, à la fin de l’été, j’ai hâte de retourner au travail. En fin de compt, comme congé, ça me suffit. J’aurai peut-être préféré attendre un peu plus avant de prendre ma décision, mais l’occasion était là, et je devais me décider rapidement. Je ne le regrette pas et je crois que j’aurai du bon temps dans mes nouvelles functions.

Q: Voyager un peu moins, est-ce une des conditions qui vous ont amené à choisir ce travail plutôt qu’un autre?

R: Oui. Je ne voulais pas m’embarquer dans un travail comme celui d’entraigneur. Peut-être qu’un jour j’aurai envie de me retrouver derrière le banc; pour l’instant, je veux prendre une pause, cesser de faire des voyages intensifs. L’emploi que j’ai accepté va me permettre de rester proche du hockey sans me déplacer autant. Je devrai me déplacer davantage au début, le temps de connaître tous les jeunes joueurs de l’organisation; ensuite, mon horaire de voyage sera plus léger.

Q: Et comment se passe le retour pour Kristina, votre fille de 12 ans?

R: Ça n’a pas été facile au début. Elle n’était vraiment pas emballée à l’idée de revenir "à temps plein" à Montréal. Avec le temps, elle s’y fait. Ç’a été pareil quand nous sommes allés à St. Louis et à Dallas. Une fois que les enfants se font une couple d’amis, il n’y a plus de problèmes. Et, lorsqu’elle recommercera l’école, il n’y a pas de doute qu’elle se fera plein de nouveaux amis.

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