Retro Carbonneau

 La Saison 10: 1985-86  



85-86 BannerCarbonneau était maintenant à ce stade d’une carrière que l’on pourrait considérer comme étant le sommet, en terme de prouesses physiques. En quatre ans il a travaillé à perfectionner l’art de l’attaquant à vocation défensive, ce qu’il était, en fait, devenant un maître du replis rapide, de la couverture de l’opposant, du désavantage numérique, des mises en jeu et du blocage de lancers. Quand les circonstances le requérait, il pouvait également compter sur ses incroyables talents offensifs. Il avait maintenant cultivé l’expérience qui pouvait compléter sa force juvénile; il y avait désormais la volonté de l’esprit qui pouvait s’accorder au feu dans ses jambes.

Vs. CalgaryDans la saison régulière, Guy récolta 36 assistances, ce qui est son sommet en carrière, et ce spécialiste de la défensive était le cinquième des Canadiens avec 56 points. Il était un des trois des Canadiens à avoir joué la saison complète, 80 matches, et il la termina avec un superbe (considérent qu’il jouait souvent en désavantage numérique) +18 pour l’année. En fait, Guy a fait sa marque a Montréal comme étant un des meilleurs.

Malgré tout, à ce moment comme maintenant, Carbonneau n’était pas une des étoiles de la LNH. Le hockey des années 80 était définitivement un jeu d’offensive et les étoiles de l’époque étaient ceux qui comptaient le plus, tels que Gretzky, entres autres. Les contributions de Guy étaient subtiles, mais ses coéquipiers et les experts du jeu étaient beaucoup plus conscients de son talent que les spectateurs dans les gradins. Comme l’a dit le Hockey News, «Carbonneau, un des centres de Montréal, est aussi rapide que plusieurs joueurs offensifs sur la glace. Mais le meilleur attaquant bloqueur de lancers de la ligue aujourd’hui (depuis toujours?) concentre davantage ses énergies sur la défensive.» Tim Burke, un journaliste de Montréal dit aussi: «Ce que Wayne Gretzky est à l’offensive, Carbonneau est à la défensive.» Ron Francis l’appela «le meilleur joueur dans les deux sens de la LNH.»

Guy and PatrickBien sûr, la gloire personnelle n’était jamais le but de Carbonneau et c’est pourquoi il fut si bon dans son rôle. Son aspiration suprême était de redonner la gloire à la ville de Montréal. La dernière coupe datait de sept ans et seulement une fois (en 1923) les Canadiens n’ont pas gagné la coupe de Lord Stanley pendant plus de sept ans. L’équipe avait alors un nouvel entraîneur (Jean Perron), huit recrues incluant le gardien de buts Patrick Roy, et beaucoup de blessés; il y avait cependant là tout un défi.

Les séries éliminatoires de 1986 étaient maintenant à leur portée. Étoile de hockey ou pas, c’était le temps pour Guy Carbonneau de rajouter «champion de la coupe Stanley» à son curriculum vitae.

Pour être les champions, il faut avoir du talent naturel et également travailler très fort, et l’entraîneur Perron savait que son centre avait les deux. À propos du travail de Guy dans les séries éliminatoires, Perron dit: «Il peut perdre une mise en jeu, mais alors il reviendra et gagnera les cinq ou six prochaines. Il est un joueur très intense avec un talent naturel et l’agileté d’un chat.»

ParadeComme sa carrière allait le démontrer encore et encore, Carbo était à son meilleur quand le périple devenait de plus en plus difficile. Dans un seconde ronde contre les Whalers de Hartford, la solidité des Canadiens fut sérieusement mise à l’épreuve alors que la série se termina en sept matches, le dernier en prolongation. Guy compta cinq des seize buts des Canadiens. Avant même que les Canadiens atteignirent la finale, Guy avait déjà le plus grand nombre de buts à égalité numérique de toute la ligue.

Les Canadiens se défoncèrent contre les Flames de Calgary gagnant quatre victoires en cinq parties. Le 24 mai 1986, ils gagnèrent leur 23e coupe Stanley. Pour Guy, ce fut sa première coupe en 20 ans de hockey.

Il termina avec la meilleure fiche des plus et moins chez les Canadiens (+9), compta un sommet de sept buts, douze assistances et fut également le troisième compteur du club. Le journaliste sportif Jay Greenberg le plaça au premier rang de sa liste au niveau de la meilleure performance en séries éliminatoires.

Cette performance fut l’aboutissement non pas tant du talent mais du travail acharné, le type d’effort qui est nécessaire pour être un champion. Guy décrivit ses pensées à propos de cette première Coupe quelque dix ans plus tard. «Il y a tant de sacrifices à travers desquels tu dois passer pour gagner une coupe Stanley. Beaucoup de gens ne regardent que le dernier match et apprécient les sacrifices et la façon que tu as joué, mais il ne s’agit pas que du dernier ou de l’avant-dernier match qui compte. Il s’agit plutôt de toute la saison, de toute la carrière, se lever à 6h00 pour pratiquer quand tu n’as que sept ou huit ans. Ces sacrifices doivent être mis en perspectives de la victoire finale, et en fait, tu réalises que ça en vaut la peine.»

Guy's RingCarbonneau perdit le trophée Selke en 1986 aux mains de Troy Murray, qui avait compté 45 buts cette année-là. Murray raconta plus tard que si le vote s’était tenu après les séries éliminatoires au lieu de la saison régulière, Carbo aurait gagné. «Le fait que j’ai été considéré pour le trophée Selke était un honneur. Les chiffres de Wayne Gretzy, par exemple, parlent d’eux-mêmes. Cependant, un attaquant défensif doit travailler deux fois plus fort pour être remarqué. Notre jeu défensif fût la clef qui nous aida à gagner la coupe Stanley. Je crois que les séries éliminatoires ont permis à beaucoup de gens de me connaître un peu plus.»

Et ils le firent. Mais sans se soucier si Carbonneau était un nom que tous les fans de hockey connaissaient, il était maintenant gravé sur la coupe Stanley.


Ressources:

The Hockey News, 13 juin 1986
"Who is Guy Carbonneau?", par Glenn Cole, Goal, février 1987
1995-96 Official Game Program, The Dallas Stars
Les Canadiens, mai-juin 1986

Statistiques de l’année:
 Événements:
Saison régulière
PJ B A Pts Pun
80 20 36 56 57
Séries éliminatoires
PJ B A Pts Pun
20 7 5 12 35
  • À égalité au premier rang de la LNH pour le nombre de matchs disputés (80)
  • Son plus haut total d’assistances en carrière (36)
  • Son plus haut total de buts et de points en série éliminatoires en carrière (7 et 12)
  • Gagna sa première coupe Stanley
  • Nominé pour le trophée Frank J. Selke
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Cette page fut traduite par Louis Préfontaine.