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La Saison 15: 1990-91 |
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Le Ritual
Tiré
de Home
Game par Ken Dryden et Roy McGregor
Dans le vestiaire des Canadiens, Carbonneau
regarde lhorloge et attend. Il reste une minute avec léchauffement.
Les Canadiens prennent leurs positions. Carbonneau se tient debout,
comme une sentinelle, les yeux fixés sur lhorloge.
Finalement, Roy se lève debout, Carbonneau se tourne et
donne une coup de bâton au support de vêtements en
métal puis au banc en face de lui, et le rituel des Canadiens
commence. Chaque mot, chaque coup de bâton, chaque petite
tape dans le dos fait partie de la routine qui fait gagner. La
dernière partie de cette routine est Roy. Il marche vers
la porte, sarrête, saccroupit, et Brian Skurdland
donne un bon coup de bâton sur ses deux jambières.
Brain Hayward, le gardien substitut, se place dans la même
position et Brian Skrudland lui fait la même chose. Toute
léquipe se met alors en action. La file de joueurs
passe et donne des petites tapes sur les gardiens, dune
façon différente dépendant de la personne.
Comme dans une machine bien huilée, tous ont leur place,
tout le monde a un rôle à accomplir. Alors la machine
fait une pause; Naslund est le prochain mais il nest pas
encore prêt, son bâton, ses gants et son casque sont
à terre devant lui. Trois de ses coéquipiers sont
debout et attendent. Naslund se dépêche de tout terminer
et de shabiller, la machine se met en marche à nouveau.
Carbonneau se met dans la ligne, derrière Naslund. Suit
alors Rick Green, puis Ludwig est le dernier.
Par la suite,
après léchauffement, de retour dans le vestiaire:
huit minutes avant le spectacle. Lénergie de la chambre
implose dans le silence, puis soudainement explose dans le bruit
des corps musclés se contractant. La sirène se fait
entendre, le rituel recommence. Carbonneau donne une tape en haut
et en bas, Skrudland sur les jambières de Roy, puis sur
Hayward, de la même façon que quelques minutes avant.
Naslund est habillé, mais il attend Carbonneau, puis Green,
puis Ludwig en dernier.
Puis, finalement, sur la glace: Patrick Roy, tout
en faisant des exercices pour son cou, se déplace vers
son filet. Ses coéquipiers se placent autour de lui, dans
un certain ordre défini, il semble. Tout comme dans le
vestiaire, pour chaque période et chaque partie, chaque
geste semble orchestré. Carbonneau et Ludwig se tiennent
debout à la droite de Roy juste derrière la ligne
des buts et Larry Robinson se tient à gauche. Avec Roy,
ils forment une ligne de receveurs. Les joueurs entrent et sortent
de la scène, arrangeant leurs bâtons ou leurs jambières
à leur façon personnelle. Naslund arrive tard, comme
à lhabitude, et il se tient à une quinzaine
de pieds en face du filet de Roy. À la droite de Roy, Chelios
et Shayne Corson entrent dans la ligne de receveurs. Robinson,
plus à gauche, cherche Green du regard pour lui donner
un coup par derrière, ce quil fait, alors comme un
domino Robinson arrive dans laction. Corson, maintenant
dans le travers de la ligne de receveurs de droite à la
gauche, se tourne et se joint à Robinson, retournant ainsi
dans la ligne. Robinson, alors, se retourne vers Naslund, qui
lencourage, puis il encourage à son tour Roy. Cela
libère Ludwig de la ligne de but, puis Carbonneau. Celui-ci
donne un petit coup sur la jambière gauche de Roy, sur
son bloqueur, son bras et ses patins sur la glace. Les démons
apprivoisés, les Canadiens peuvent entrer dans le jeu.
"Pour
ma part, je crois que beaucoup de joueurs de hockey sont superstitieux,"
a dit Carbonneau à Les Canadiens. "En ce qui
a trait à notre rituel, lhistoire a commencé
en 1986. À cette époque, Craig Ludwig désirait
être le dernier à sauter sur la glace. De mon côté,
je sortais juste devant lui. Puis, graduellement, tous le joueurs
sont entrés dans le jeu. Et comme nous avons remporté
la coupe Stanley cette année-là, nous avons décidé
de conserver lhabitude. Aujourdhui, je suis persuadé
que cette forme de ralliement aide à raffermir lésprit
déquipe."
Du groupe de
joueurs décrit par Ken Dryden, Carbonneau, Ludwig et Skrudland
étaient réunis dans lédition des Stars
de Dallas de 1999, celle qui gagna la coupe Stanley. Le rituel
se déplaça avec eux dune équipe à
lautre avec tous ces bons joueurs qui ont rendu les Canadiens
si bons. Particulièrement poignant à considérer
est une partie à mi-chemin entre ces deux saisons, le match
final au Forum de Montréal, quand les Stars et les Canadiens
ont exécuté le rituel sous le même toit. Carbonneau
et Ludwig pouvaient être vus à la droite du gardien,
tout comme ils lont fait des années auparavant.
(Photo du Forum
courtoisie de Cindy Beck)
Voyez aussi: 1991: Notre proper Carbo apparait sur le couverture dun magasin de B.D. (de notre section «les faits obscurs»)
Ressources:
Les Canadiens, 1991-92, Issue #3
Ken Dryden et Roy MacGregor, Home Game, McClelland &
Stewart, 1989
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