Retro Carbonneau

 La Saison 18: 1993-94  



Un des plus grands cadeaux qu’a donné la nature à Carbonneau a toujours été cette habileté à anticiper le jeu. Tout comme Gretzky, il croit que la façon dont il voit la partie est un meilleur talent et plus utile que n’importe quelle habileté physique qu’il peut posséder. Les prouesses de Guy dans les mises en jeu, au niveau du jeu défensif, du désavantage numérique peuvent toutes être reliées à l’anticipation. Il s’agit d’une sorte d’intellligence spéciale avec laquelle il est possible de distinguer les faits, les joueurs spécifiques sur la glace, qui est dans le but, les stratégies que chaque équipe peut utiliser, la façon dont la partie a été toute la soirée et utiliser toutes ces information à la vitesse de la lumière au profit de son équipe.

En 1993, Carbo décriva ce don d’anticipation de cette façon:

«Je ne suis pas un marqueur naturel mais lors d’une échappée, j’essaie de pense à tout. À quel gardien fais-je face? Quel style de jeu prérère-t-il? L’important c’est de faire le bon geste au bon moment. Personnellement, j’aime mieux tirer que feinter car je ne suis plus aussi rapide qu’à mes débuts. Sur un lancer puissant et précis, le gardien est plus vulnérable. Si tu te retrouves seul à partir de la ligne bleue, tu a beaucoup d’espace et de temps pour réagir. Tu peux prendre de la vitesse. Toutefois, si tu t’échappes profondément dans la zone adverse, tu dois réagir très vite. Aujourd’hui, je joue plus défensivement qu’à mes débuts, je prends moins de risques et, par conséquent, les chances d’échappées sont moins fréquentes. Cependant, j’essaie de créer des occasions autant que je peux. Le secret est de pouvoir anticiper les jeux, les passes surtout. Ça a toujours été ma force.»

Pour ce qui est d’anticiper sa propre vie, Guy espérer connaître une meilleur saison régulière que la précédente alors qu’il commençait sa douzième saison avec les Canadiens. En effet, sa santé s’améliorait, il a contribué davantage au pointage et il a conduit les Canadiens vers une autre bonne saison. Les champions défendants ont eu à renoncer à la coupe Stanley aux mains des Rangers de New York, mais ce ne fut pas une tragédie. Pas plus le fait que Carbonneau avait maintenant 34 ans. Même s’il avait l’intention de jouer un rôle moins important sur l’équipe, il n’avait aucune raison d’anticiper qu’il pouvait terminer sa carrière ailleurs qu’à Montréal.

B&WLe hockey, dans toutes ses variantes, est quelque fois plus facile à prédire qu’une vie. Le 19 août 1994, les Canadiens échangèrent leur capitaine aux Blues en échange de Jim Montgomery.

L’échange donna tout un choc à tout le monde, spécialement pour l’homme qui eut à partir en vitesse pour Saint-Louis. Il s’agissait d’un échange plutôt bizarre d’un point de vue stratégique que les Canadiens échangent leur fidèle capitaine, qui ferait probablement partie un jour du Temple de la Renommée, peut-être le meilleur attaquant défensif de l’histoire, contre un futur espoir. Mais d’une certain façon, on peut dire que l’échange mit à la lumière du jour le fait que Carbonneau est très important pour le hockey.

Alors, pourquoi est-ce qu’une telle chose arriva?

L’excuse, sur le moment, fut en relation avec une histoire s’étant produite sur un terrain de golf, alors que Carbonneau tentait de chasser un journaliste ayant interrompu une partie privée. La politesse ne fut pas de mise, et dans un regrettable moment de frustration, Guy fut filmé en train de lever son majeur bien haut en direction du journaliste. Après que la photographie fut publié, l’organisation déclara qu’il s’agissait d’un incident qui était inapproprié de la part d’un représentant des Canadiens.

Il y avait aussi des discussions à propos de baisser la masse salariale de l’équipe et de rajeunir celle-ci, etc. Il y avait aussi probablement l’explication, plausible, que Carbonneau n’était pas un des préférés du directeur-général Serge Savard. Carbo ne mâchait pas ses mots devant la presse, il était direct, et cela déplaisait fortement au directeur-général. Celui-ci saisit l’opportunité de se débarassé de cet homme l’ayant irrité depuis fort longtemps, sans regarder les conséquences de ce geste sur la vie personnelle de Guy et sur le bien-être de l’équipe.

With BeliveauDeux ans plus tard, Carbonneau allait confié à un journaliste: «Je ne m’y attendais pas. Je pensais que j’allais demeurer à Montréal pour le reste de ma carrière. J’avais des désaccords avec Serge, mais ce n’était pas si mauvais. Je croyais que peut-être ils allaient me parler, et me dire: ‘on ne peut pas t’utiliser autant. Désires-tu rester et jouer un peu moins,’ ou des choses comme ça.» Cette confusion à une intersection de sa carrière ont poussé Guy à se poser beaucoup de questions sur le jeu, sur lui-même et sur sa carrière.

Il n’avait jamais anticipé cela.

Guy Carbonneau est le cinquième de l’histoire des Canadiens pour le nombre de parties en séries éliminatoires disputées, et le dixième dans la saison régulière. Durant sa merveilleuse carrière avec les Canadiens, il atteignit l’étape de 800 matches, 500 points, 300 assistances et 200 buts. Pour cinq ans, il a été le capitaine de l’équipe, et pour beaucoup plus longtemps, il a été un symbole d’une des plus respectée des traditions dans le hockey.

Ce fut ses mains, tout comme celles de Jean Béliveau, qui ont tenu la bannière honorant la 24e coupe Stanley des Canadiens. Ceux-ci, tout comme Carbonneau, ne l’ont pas gagné encore.

En 1995, avec Carbonneau qui n’est plus là, Montréal rata les séries éliminatoires pour la première fois en un quart de siècle.

Ressources:

"Anticipating the play," Guy Carbonneau, Les Canadiens,1993-4, Issue #2
Les Canadiens, 1993-4, Issue #1
Les Canadiens, 1993-4, Issue #2
Les Canadiens, 1993-4, Issue #3
1995-96 Official Game Program, The Dallas Stars


Statistiques de l’année:
 Événements:
Saison régulière
PJ B A Pts Pun
79 14 24 38 48
Séries éliminatoires
PJ B A Pts Pun
7 1 3 4 4

 

  • Capitaine des Canadiens
  • A compté son deuxième de deux tours du chapeau le 27 décembre 1993 contre saint-Louis, en plus d’une assistance pour atteindre son record de quatre points dans un match
  • A été échangé le 19 août 1994 contre Jim Montgomery
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Cette page fut traduite par Louis Préfontaine.