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330 Jours Plus Tard:

La Réunion à Kanata

février 22, 2001

Me voici, une touriste américaine assise au niveau 300 du Centre Corel, observant les visiteurs aller vers le banc. Les visiteurs sont les Canadiens de Montréal. J’ai voyagé 800 milles pour voir ceci: Pas les joueurs portant le bleu, blanc et rouge, mais l’homme aux cheveux noirs qui porte les écouteurs, se tenant derrière eux. L’entraîneur adjoint, Guy Carbonneau.

330 jours ont passé.

Comme j’ai écrit précédemment, en 2000 j’ai eu le privilège étonnant de converser avec Guy sur trois jours successifs à Dallas. Nous nous sommes dit au revoir le 25 mars au Cowboys Café; c’était l’après-midi avant que la dernière partie que je l’ai vu jouer en personne. «Au revoir, Guy,» je lui ai dit, «nous vous observerons demain d’en haut.» «Merci, Diane,» il a dit. Et je suis parti du restaurant, connaissant bien que peut-être je ne pourrais jamais encore parler à l’homme.

Qui aurait sû ce que les mois suivants lui réserverait...si Guy se retirerait, et après cela, quel nouveau cours que sa vie prendrait? J’avais fait l’erreur irréversible de partager mon sort d’un homme au crépuscule de sa carrière de patinage—il avait presque 38 ans quand je l’ai découvert—et le prix était sur le point d’être payé.

Le jour que j’ai appris de Denis Carbonneau que son frère était fini sur la glace était vraiment dûr. Mais bien sûr, j’avais déjà appris la leçon, «C’est toujours le plus foncé avant l’aube.» Pendant les semaines à venir j’ai essayé—et, j’admets, en grande partie échouée—de garder cette foi.

Tous les partisans de Guy ont enduré la même peine que moi. Et alors nous avons entendu les nouvelles que le Canadien avait engagé Carbo comme directeur du développement des jeunes joueurs. Ce n’était pas une position très visible, mais cette équipe était pour Guy son première amour, et pour cette raison la réunion était pour moi des nouvelles joyeuses. Il était retourné au hockey—tout allait bien.

Mais des nouvelles plus heureuses devaient venir encore.

À Dallas j’avais dit avec audace à M. Carbonneau que j’étais convaincu qu’il devrait devenir entraîneur. Mais si vous l’avez vu dans une partie, sur le banc, analysant le jeu à n’importe qui qui l’écoutera, il faut que vous soyez d’accord avec moi, n’est-ce pas? Si vous avez lu de ses qualités de meneur, en prenant des jeunes sous son aile, en inspirant l’équipe dans le vestiaire, toujours sage, fort, calme et sûr—comment pourriez-vous ne pas espérer que ceci soit son destin? Cependant, au moment de notre conversation, Guy a dit que non, la vie d’entraîneur n’était pas attirant—au moins pour maintenant.

Mais le Canadien avait besoin d’un entraîneur, si Carbonneau aspirait à cette vie ou pas. Quand il avait 20 ans l’équipe a eu besoin d’un attaquant défensif, ainsi il a quitté le rôle du marqueur de buts. Et maintenant qu’il avait 40 ans on a eu besoin d’un entraîneur, et bien voilà. À trois heures du matin le 20 novembre il a été réveillé par un appel téléphonique, et il a dit oui.

Cette nuit à Montréal beaucoup de vin était bu chez Carbonneau, en célébration de cet événement qui autrefois a semblé impossible. À Hales Corners, Wisconsin, on a porté aussi les toasts chez Lau. J’ai soulevé mon verre à l’entraîneur Carbonneau, et absolument je me suis sentie comme je rêvais.

Quatre-vingt dix jours plus tard, c’est toujours comme dans un rêve. Je suis à Kanata, Ontario, et de l’autre côté de la glace, Carbo est entraîneur.

Est-il possible pour un entraîneur adjoint d’être très imposant? Probablement je ne suis pas la personne à demander. Je suis celle qui indiquait que si je devais prendre une mise-au-jeu contre lui, je me rendrais avant que la rondelle ait été tombée. Pour moi Carbonneau semble juste comme j’ai anticipé: compétent, calme, concentré. Il est fait parfaitement pour ceci, pas simplement dans la manière, mais dans l’esprit et le caractère derrière cette manière. Il semble «damn good» dans mon anglais à moi!

Pendant que la partie commence, Guy exécute ses fonctions. Durant un arrêt de jeu je l’observe se penchant au-dessus de Johan Witehall, en expliquant le jeu, sa main tendue et faisant des gestes pour illustrer ses mots. J’ai déja vu ceci, à Dallas et Chicago. Je l’ai déja vu, d’un homme qui portait un chandail et un casque, et j’ai imaginé une scène éventuelle comme celle devant mes yeux. C’est irréel!

Guy étudie le jeu pendant qu’il se déroule devant lui, prenant les notes que j’aimerais lire. Plus tard, il converse plus longtemps avec Saku Koivu. Ah, je pense...la récompense d’une longue et dure carrière: Y’a-t-il un capitaine d’équipe, n’importe quel joueur étoile, qui ne s’en remet pas aux connaissances accumulées de Carbonneau? C’est comme ça devrait être.

Alors je me suis rappelé encore de sa faillibilité. À Chicago je l’ai vu quand il a manqué un tir pendant l’échauffement...maintenant je l’observe lorsqu’il laisse tomber son stylo. Il faut que deux joueurs se lèvent afin qu’il la récupère. Certainement un tir manqué est une erreur plus glorieuse qu’un stylo tombé, mais je trouve que ce petit événement a le même effet sur moi, et je souris.

Et quelques choses n’ont pas du tout changées. Quand Chad Kilger est puni pour avoir cinglé, Guy n’est pas heureux. On peut voir le même regard sur ses vieilles vidéocassettes de parties, on peut même le voir dans le Carbo animé par ordinateur qui apparaît dans NHL 2000. La consternation, le haussement d’épaules, et le sourire ironique qui indique, même de l’autre côté d’une patinoire, «Ouais, bien—t’es plein de mer—» Je glousse avec l’allégresse de la vue. C’est comme s’il n’est jamais parti.

D’autre part, autres choses sont irrévocablement différentes. Mon Peter Pan a eu ses ailes coupées, on ne le permet plus d’aller au-dessus la bande. Je sais qu’il pourrait le faire s’il voulait...il y a juste une semaine qu’il s’est très bien acquitté dans un jeu simulé avec l’équipe...mais il a acquiescé au passage du temps juste comme aux besoins du Canadiens, et il se tient content dans son costume et cravate.

Mais tellement peu de temps a passé, il semble que je peux le voir dans les deux rôles en même temps. Il semble qu’il est assis encore, tenant son bâton, observant le déroulement sur la glace, hurlant à ses co-équipiers, avec cette expression alerte et concentrée que nous avons observés au fil des années, en attendant son prochain tour. Et en même temps, il est debout, une figure foncée avec des bras pliés, observant avec exactement le même visage, et maintenant tous les tours sont également à lui.

En troisième période je l’observe faisant un schéma de jeu pour Oleg Petrov. Il me rappelle quelque chose...oui, c’est la scène dans le vidéo raconté par Ken Dryden, «Home Game.» Guy, 28 ans, a écouté pendant que son capitaine, Bob Gainey, a expliqué un mauvais jeu à lui entre les périodes. Le plus vieux a transmis la sagesse de hockey au plus jeune...et maintenant ça continue. Petrov étudie le schéma de Carbo, il écoute attentivement. C’est sûr qu’il écoute: l’entraîneur est un homme nommé par plusieurs le meilleur stratège dans le jeu.

Et c’était ceci que j’ai craint qui pourrait être perdu pour toujours, 330 jours plus tôt quand j’ai dit au revoir à Guy à Dallas. J’ai pensé que le hockey pourrait le perdre—mais avec mes propres yeux je vois que ce n’est pas arrivé, ça n’arrivera pas.

Et environ une heure plus tard nous attendons dans le salon privé, et je vois Guy Carbonneau marchant vers moi, disant «Bonjour, Diane.» Je serre sa main avec les miennes pour que je puis tenir la main entière; il y a 330 jours qu’il a porté un plâtre sur cette main, et je suis heureuse que ces épreuves sont terminés pour lui. Et il nous parle, quinze, vingt minutes, répondant à toutes les questions que j’ai compilées au cours des dernières semaines. Réponses précieuses aux questions idiotes et aussi aux questions importantes: Oui, il aime beaucoup entraîner (je le rappelle que je le l’avais bien dit, et il rit de tout son coeur)...C’est difficile de motiver l’équipe quand les séries éliminatoires sont effectivement hors de portée...La ligue de garage avec qui il joue les lundi soirs lui permettant de passer seulement, et ne pas tirer vers le but, à moins que ce soit un filet désert.

Certainement, j’ai eu beaucoup plus de questions à divers moments au cours des derniers 330 jours. Mais les plus dûres de ces questions sont répondues maintenant. Est-ce que vous reviendrez encore au hockey? Allez-vous trouver un moyen de continuer à partager tous vos dons remarquables avec le jeu? Est-ce que nous vous reverrons encore?

Pendant notre voyage à Ottawa, mon mari et moi nous avons fait nos chers amis le cousin de Guy, Jim, et la petite amie de Jim, Rosie. Nous avons été privilégiés de sentir en premier plan l’allégresse et l’affection qui, d’après ce qui nous ont dit, caractérise la famille de Guy si grande, intime, et merveilleuse. Il était difficile de laisser Jim et Rosie dans une ville si loin de notre maison, mais c’était une des situations quand vous êtes certain que vous allez les revoir d’une façon ou d’une autre, et cela vous donne le confort.

Également Guy nous a dit au revoir et il est parti pour prendre le bus d’équipe à Montréal. Ce n’était pas un adieu si dur cette fois. Il est vrai que les émissions d’ESPN ne montre pas souvent le banc de Montréal; néanmoins je sais que ce n’était pas la dernière fois que je verrais Guy, et ça fait toute la différence. Peut-être il y aura 330 jours jusqu’à la prochaine fois, plus ou moins, mais en tout cas il y aura une prochaine fois. Et pour tous ses partisans, il y aura beaucoup, beaucoup plus d’occasions quand Guy Carbonneau fait ce qu’il a toujours fait: laisser son empreinte sur le jeu de hockey.

Ainsi j’ai bien appris cette leçon, et ça vaut vraiment chacun des 800 milles, et tous ces 330 jours angoissants.

Merci mille fois encore à Pierre Chastenais pour l'assistance!

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